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Une perle nubienne - Amira Kheir


Crédit photo : Alban

Le Soudan c'est trois fois la France métropolitaine mais reste toutefois méconnu ou du moins connu que pour ses guerres.

On entend rarement parler des pyramides de Méroé, de la dynastie Koush, ou de la musique soudanaise… Et c’est assez déplorable !

Si l'on prend le cas des pyramides, nous connaissons tous les pyramides d’Egypte cependant saviez vous que le Soudan en compte plus de 200 ? Et qui sait qu’il y avait dans cette région du monde une civilisation à part entière où les Reines (Candaces) étaient aussi puissantes que les Rois (Qore) et qu’elles avaient fait plier Alexandre le Grand qui s’était aventuré sur leurs terres ?

Crédit photo : Lisapo ya Kama

Bref vous l'avez compris ce pays me fascine !

Ce qui m'intéresse dans ce pays c'est de découvrir chaque jour que les femmes jouaient un rôle majeur dans la tradition musicale du pays.

Mon coup de cœur du moment : Amira Kheir, une chanteuse italo-soudanaise qui vit en Angleterre. Pour moi c'est une inspiration !


Ce n’est que si vous vous connaissez vous-même que vous pourrez jouer votre rôle dans le monde.

Cette phrase résume très bien son travail qui nous montre à quel point la transmission est importante pour toute personne issue de la diaspora. En effet, son album Mystic Dance est une quête vers ces racines. D'ailleurs le pochette de son album en dit long !

« C’est une revendication très claire de là d’où je viens. Les pyramides de Méroé ont été construites par le royaume de Kush (dont l’origine remonte à 25 siècles avant notre ère). C’est un héritage qui appartient à tous les Soudanais.»

Dans son titre Nasaim Allel (qui signifie « brise nocturne »), son ami et grand poète sud-africain Leeto Thale, parle en setswana de notre patrimoine africain et de l’effet de la modernité sur nos expériences et nos identités d’Africains.

Dans une interview pour A/R Magazine Voyageur, elle explique que :

« Les anciennes pyramides du royaume de Koush, avec l’univers en toile de fond, symbolisent pour moi le retour à nos racines, à la recherche de connaissances ancestrales, pour trouver des réponses et donner une signification au présent, de façon à inventer l’avenir. C’est ainsi que je vois le rôle de l’art – accompagner l’humanité dans sa quête de connaissance de soi, lier le passé au présent et créer des pistes pour l’avenir. »

Mystic dance parle de tout cela, de notre rôle en tant qu’êtres humains, en tant qu’individus, en tant que communautés, de la façon dont on peut affuter notre conscience, nous transcender et trouver un moyen de servir l’humanité… et comment tout cela a des répercussions sur l’univers. »


Influences féministes

Amira Kheir revendique comme influence l'aghani albanat, qui signifie en arabe le chant des femmes. À cette occasion, des femmes se réunissent et improvisent au son des percussions :

« L’une commence et l’autre continue et ainsi de suite. Chacune peut ajouter ce qu’elle ressent au moment présent. C’est un bel espace pour une expression authentique. »

C'est tout d'abord une musique festive interprétée par des chanteuses lors des mariages et surfant principalement sur le registre du love, mais le renouveau de cette tradition musicale a pris des atours plus féministes.

Pour certain.e.s, comme Diallo Hall, ce courant musical est en soi un acte féministe :

« Au Soudan, la résistance au patriarcat, à une certaine tradition et à une définition réductrice des rôles de genres s’est exprimée au travers d’un genre musical de “urban fusion”, appelé aghani al-banat, que l’on pourrait traduire par “musique de filles”. Cette tradition musicale a permis aux Soudanaises de se créer un espace pour exprimer leurs propres récits et pour redéfinir clairement leurs rôles. Elles ne resteraient plus assises et n’accepteraient plus d’être considérées comme des objets. Le aghani al-banat leur permettrait plutôt de s’affirmer par leurs chansons. » [Source]


Une afropéene qui use avec brio de son métissage culturel

Amira Kheir, a grandi à Turin en Italie et chante depuis sa plus tendre enfance : «J’ai été exposée à toutes sortes d’autres musiques. Mon influence principale a été la soul américaine. En prenant de l’âge, je me suis mise au rock, au jazz et à des musiques issues de différentes parties du monde : le fado du Portugal, le flamenco d’Espagne, le gnaoua nord-africain, la musique indienne… Toutes ces choses ont fusionné quand j’ai créé ma propre musique».


Mes titres préférés

Sera de l'album Alsahraa sorti en 2014

Sameeri du dernier album Mystic Dance



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