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Pourquoi j'ai adoré Queen & Slim ?


Crédits : Jurell Cayetano

Lors d'un rendez-vous Tinder, un homme Noir et une femme Noire sont arrêtés pour une infraction mineure de circulation. La situation dégénère, entraînant des conséquences soudaines et tragiques quand l'homme tue un policier pour se défendre.


Terrifiés et leurs vies désormais en danger, l'homme, un employé de magasin, et la femme, avocate de la défense criminelle, se voient obligés de fuir. Mais l'incident a été filmé et la vidéo se propage. Le couple devient alors involontairement un symbole pour beaucoup d'Afro-Américains.


Beaucoup diront que "Queen & Slim" sont les nouveaux Bonnie & Clyde. Cependant, ce film parle d'un système de justice qui traite des personnes innocentes comme des hors-la-loi, contrairement à Bonnie & Clyde qui étaient réellement deux hors la loi.


Le film le plus proche est 'Sweet Sweetback’s Baadasssss Song'. Film indépendant de Melvin Van Peebles, sorti en 1971, est une histoire qui parle d'un Afro-Américain qui attaque des policiers et s'enfuit. C'était aussi un film qui prenait pour acquis la compréhension de l'injustice systémique par son public.


Déjà le film est le fruit de la vision de deux femmes noires :

Lena Waithe, qui l'a écrit, et Melina Matsoukas, qui l'a réalisé.

Petit rappel : Matsoukas a réalisé le clip "Formation" de Beyoncé, qui a été critiquée par grands nombre de policiers du fait d'une voiture de police qui coule sous les eaux lors d'une inondation semblable à celle de l'ouragan Katrina.


Dans ce film le mythe de la femme Noire et forte est enfin démystifié.

"Je voulais vraiment qu'elle se sente comme un être humain, pas comme une "Magical Negro", dit Turner-Smith l'héroine qui joue le rôle de Queen. "Je comprends que nous aimons parler de black girl magic, mais c'est parfois un terme qui permet aux gens de nous mettre dans la peau de ce type de personnage, comme si nous n'étions pas de vraies personnes qui ressentent de vraies choses".


Un choix d'actrice 'anti-colorisme'

Par ailleurs, en choisissant une actrice Noire à la peau sombre la réalisatrice nous montre encore une fois l'importance de lutter contre le colorisme. "Un de mes objectifs était de redéfinir ce qu'est la beauté dans ce pays", a déclaré Matsoukas dans une interview. "J'aime donc tourner cela à l'envers et représenter réellement nos sœurs à la peau sombre, pour montrer que nous sommes vraiment en chair et en os, pour cette jeune génération, toutes les différentes couleurs de la beauté à l'écran" .

“I really wanted her to feel like a human being, not a ‘Magical Negro,’” Turner-Smith told me. “I understand we love to talk about black girl magic, but sometimes that is a term that allows people to put us in this character like we’re not real people that feel real things.”

“One of my goals was to redefine what beauty is in this country,” Matsoukas said in a phone interview. “So I like to turn that on its head and really represent for our dark-skinned sisters, to show that we’re really fleshing, for this younger generation, all of the different colors of beauty onscreen.”


Une bande son à tomber

Vous pourrez entendre le roi Burna Boy qui nous fait une belle reprise du sample "Shakara" de Fela Kuti (1972) avec 'My Money, my baby'. Par ailleurs, la légendaire Queen Lauryn Hill nous revient avec un très joli titre “Guarding the Gates”


Un extrait des paroles : “Everybody, everybody wants to know / Where you’re goin’ to, what you’re runnin’ from / What you’re goin’ through, where you’re comin’ from” and “Watch them speculate on the life you live / Watch them try to hate all the love you give.”

"Tout le monde, tout le monde veut savoir / Où vous allez, ce que vous fuyez / Ce que vous traversez, d'où vous venez" et "Regardez-les spéculer sur la vie que vous vivez / Regardez-les essayer de détester tout l'amour que vous donnez."

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