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Little Fires Everywhere : qui peut devenir mère ?

J'ai découvert cette série grâce à un Tweet d'Amandine Gay.

Les mots clés : justice reproductive ont tout de suite fait écho dans ma tête et en deux clics je commençais mon marathon.


Little fires what ?


Cette série est une adaptation, par Hulu, de l'excellent roman de Celeste Ng, La saison des feux en français.

Nous sommes dans une ville où les habitants ne voient pas la couleur de peau (#colorblindness). Oh oui, car iels se considèrent comme des gens bien. Little Fires Everywhere dépeint très bien cet archétype ainsi que ce qui se passe lorsque leur monde soigneusement construit commence à se déchirer. Les gens sont tout simplement confrontés à l'idée qu'iels ne sont peut-être pas aussi progressistes et ouverts d'esprit qu'iels ne le pensent. La série se déroule à Shaker Heights (Ohio), dans les années 90.

L'histoire suit la famille Richardson, une famille blanche et aisée, et décrit les événements qui ont conduit à l'incendie de leur maison. Les huit épisodes illustrent la façon dont les Richardson en sont arrivés là, en commençant par l'arrivée de Mia Warren (Kerry Washington) et de sa fille Pearl (Lexi Underwood), deux femmes noires qui viennent faire tâche dans la vie des Richardson, exposant par inadvertance leurs pires traits de caractère. Mia est une artiste qui mène une vie itinérante. Elle arrive à Shaker Heights avec l'espoir de donner à sa fille Pearl une stabilité qu'elles n'ont jamais eue ensemble.

Elle loue l'appartement secondaire des Richardson et, avec le temps, Pearl et elle s'intègrent peu à peu dans leur vie quotidienne. Pearl fréquente la même école que les quatre enfants Richardson, elle se lie d'amitié avec son fils cadet Moody (Gavin Lewis) et se languit de son frère aîné Trip (Jordan Elsass). Pendant ce temps, Izzy, commence à nouer des relations avec Mia.

Mia et Elena Richardson (Reese Whiterspoon), la matriarche de la famille, se méfient de plus en plus de l'influence que chacune exerce sur les enfants de l'autre.

Le racisme ordinaire sous couvert d'ouverture d'esprit

Tout commence lorsqu'Elena la mère Richardson, appelle la police depuis son SUV car elle vient de voir une femme noire vivant/dormant dans sa voiture.

Femme noire qui deviendra sa locataire puis sa femme de ménage ou 'House Manager'.

Bill Richardson (Joshua Jackson), le mari d'Elena, la réprimande pour ne pas avoir fait vérifier ses antécédents avant d'offrir l'appartement à Mia.

Elena, bien au contraire, se félicite de ce qu'elle fait de bien en aidant les Warren.

La saga du racisme continue avec la fille d'Elena, Lexie (Jade Pettyjohn), qui se croit quant à elle exemplaire pour être sortie avec un Noir, Brian, bien qu'elle jure que cela n'entre pas dans l'équation. Elle s'engouffre dans son racisme lorsqu'elle vole la dissertation de Pearl et se justifie en affirmant que "quand quelque chose comme ça arrive à l’une d’entre nous, c’est comme si ça nous arrivait à tous, que tu sois Noire ou une fille ou les deux".

Pour résumer la famille Richardson dans son ensemble représente ces personnes qui "s’intéressent" à la condition des individus noirs, mais ne veulent pas entendre leur vision des choses.

Gestation pour autrui le quid


La législation française nous interdit d’encourager les couples à recourir à la gestation pour autrui (mères porteuses) et à fortiori à les y aider. Les informations données ci-dessous ne sont que des informations factuelles sur la pratique de la gestation pour autrui à l'étranger.


Une mère de substitution, ou mère gestationnelle, est ce que l’on appelle communément une “mère porteuse”. C’est une femme qui accepte de porter un enfant pour aider un couple stérile, lorsque la femme ne peut porter elle-même l’enfant.


La gestation pour autrui s’adresse donc aux femmes qui :

  • ne possèdent pas d’utérus (par suite d’opération chirurgicale ou parce que leur mère ont été traitées au distilbène pendant leur grossesse, par exemple) ;

  • ont subi des avortements spontanés fréquents ;

  • ont subi des échecs répétés d’implantation d’embryon après Fécondation in Vitro (FIV) ;

  • dont l’état de santé est incompatible avec une grossesse (greffe…).


Dans la gestation pour autrui, on distingue souvent :

  • la mère de substitution gestationnelle, qui porte l’enfant issu des gamètes (ovocytes et spermatozoïdes) du couple demandeur. Elle n’assure donc que la gestation ;

  • la mère de susbtitution naturelle, qui porte l’enfant issu de ses propres ovocytes et du sperme du père demandeur. Elle est donc aussi la mère biologique de l’enfant.


Revenons en à la série, Mia a gardé Pearl alors qu'elle ne devait être qu'une simple mère porteuse. Mia s'est tellement attachée au bébé qu'elle enfantait pour un autre couple, les Ryan (Nicole Beharie et Jesse Williams), qu'elle s'est enfuie avec l'enfant à naître pour l'élever comme son propre enfant.


Le Dr Jane Frederick, endocrinologue de la fertilité et de la reproduction en Californie, a expliqué au Huffington Post que les mères porteuses traditionnelles ou de susbtitution naturelle comme Mia sont plus fragilisées émotionnellement que les mères porteuses gestatrices qui sont imprégnées d'ovules et de sperme des parents prévus.


"Il est plus difficile de se séparer quand il s'agit de son propre ovule parce qu'on voit les enfants et qu'on sait qu'il s'agit de son patrimoine génétique", a déclaré M. Frederick. "Il faut être une femme vraiment forte pour pouvoir aller jusqu'à neuf mois et abandonner son enfant, et c'est difficile à reconnaître complètement avant de tomber enceinte".

Cependant, notre matriarche Elena, une femme qui a donné naissance à quatre enfants biologiques avec son mari, n'est pas tout à fait d'accord avec le Dr Jane Frederick. Elle découvre que Mia, aux yeux de la loi, a volé l'enfant des Ryans - ainsi que leur argent - et s'acharne à lui demander des comptes.

Elle refuse de considérer que Pearl, maintenant âgée de 15 ans, est la fille de Mia sur le plan génétique.

Ces lignes floues en ce qui concerne les droits légaux et génétiques de la mère porteuse traditionnelle sont également la raison pour laquelle la maternité de substitution gestationnelle est devenue la méthode la plus acceptée à l'étranger.

Mais qui peut être mère ?


L’autorité parentale c’est l’ensemble de droits et de devoirs visant à protéger l’enfant. Les parents ont un devoir de protection et d’entretien de leur enfant : veiller à sa sécurité, le nourrir, l’héberger, prendre des décisions médicales, gérer son patrimoine. Ils contribuent à l’entretien de leur enfant en fonction de leurs ressources et de ses besoins.

Dans la série, Mia n'est pas perçue comme étant la mère de Pearl car elle l'a volé et ne lui offre pas de bonnes conditions pour la protéger et l'entretenir. Conditions que la famille d'accueil aurait pu offrir à Pearl : "Quelle mère indigne qui a arraché Pearl d'un avenir prometteur!".

C'est donc d'après ces critères que Mme Ryan aurait été une meilleur mère ?

C'est là que la justice reproductive est nécessaire car on à tendance à vivre dans des sociétés dans lesquelles toutes les mères ne sont pas logées à la même enseigne.

Mia, artiste, sans domicile fixe vs Mme Ryan cadre supérieur, vivant dans un palace et pouvant même louer le ventre d'une femme.

Aux yeux de la société, Mme Ryan est la bonne mère. Mia est tout de suite mise sur le carreau.

L'autre personnage intéressant est Bebe. Elle n'a pas pu être un bon parent pour sa fille May Ling lorsqu'elle est née, et, désespérée pour la survie de son bébé, elle l'a laissée aux soins de l'État.

May Ling, lorsqu'elle a été retrouvée, était sous-alimentée car Bebe n'avait pas pu produire de lait maternel et ne pouvait pas se permettre de payer du lait maternisé.

Par ailleurs, Bebe était probablement en proie à une dépression post-partum non diagnostiquée et incapable de chercher un traitement psychologique, victime d'un système de santé qui ne fait pas des immigrants ou des pauvres une priorité.


Mais "comment l'amour d'une mère peut-il être mis en balance avec le coût de l'éducation d'un enfant ?

Pour résumer, j'ai adoré cette série soulève d'importantes questions notamment sur la fabrique des mères par le capitalisme et le patriarcat.

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Tant que je serai Noire