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  • Tsippora

Diane - Childfree, j'ai fait un don d'ovocytes


Tant que je serai Noire c'est le podcast qui répond à la question Tant que je serai Noire, serai-je mère ?

Tant que je serai Noire ce sont des récits de femmes qui nous parlent de leur désir ou non désir d'enfant.

Un Podcast qui nous montre à quel point les récits des femmes interrogées sont aussi intéressants que les 1000 vies de Maya Angelou.

Je suis Tsippora la créatrice et productrice de Tant que je serai Noire.

Il y a quelques années j’ai découvert l’existence de l’Agence de la Biomédecine, Établissement public relevant du ministère des Solidarités et de la Santé et créé par la loi de bioéthique de 2004.

Alors dans une démarche de don d’ovocytes j’ai découvert que cette agence est notamment chargée d’encadrer les activités liées au don d’ovocytes et de spermatozoïdes et plus largement l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP).

Quelques années plus tard, voilà qu’un de mes épisodes est sponsorisé par cette même agence.

Les dons d’ovocytes progressent mais ils restent cependant encore insuffisants pour répondre à la demande des nombreuses personnes concernées. De ce fait, les délais pour accéder au don d’ovocytes peuvent atteindre plusieurs mois. Ces délais sont encore plus longs pour les femmes noires.

En 2019, 836 femmes ont fait un don d’ovocytes, 2 100 tentatives d’AMP ont été faites à partir d’ovocytes issus de dons pour des couples receveurs (FIV classiques + ICSI + transferts d’embryons) et 409 enfants sont nés suite à un don d’ovocytes.

Tout comme Diane, invitée de cet épisode, vous pouvez faire évoluer cette situation en donnant vos ovocytes.

Diane est une trentenaire issue d'une fratrie de 4 enfants. Elle est la cadette et la seule fille.

Il y a 3 ans, après la lecture de Sorcières de Mona Chollet elle a su qu'elle ne voulait pas d'enfant.

L'année suivante elle tombe sur un épisode de Bliss Stories et découvre le récit d'une femme qui a décidé de faire un don d'ovocyte. Après des recherches supplémentaires, elle découvre aussi qu'il existe une pénurie de gamètes de phénotype noir. C'est alors qu'elle décide de faire un don.


Rares sont les donneuses et plus spécifiquement les donneuses afro-descendantes.

Comment s'est passé le processus de don et pourquoi a-t-elle décidé de faire ce don malgré son non-désir d'enfant ?


Toutes les réponses se trouvent dans l’épisode !

Bonne écoute.


NON-DESIR D’ENFANT PERSONNEL


Comme beaucoup de petites filles et de femmes, je voulais me marier à 25 ans, avoir des enfants, etc. Et puis, justement, à partir de 25-26 ans, j'ai commencé à me poser la question de pourquoi j'ai envie d'avoir des enfants et est-ce que j'ai envie d'avoir des enfants? Parce que j'ai été éduqué à en avoir. Ou personnellement, c'est un choix profond et donc j'ai commencé un petit peu à me documenter, à écouter des podcasts, à lire des bouquins. Et c'est à la suite de la lecture de Sorcières de Mona Chollet que je me suis dit mais en fait, je ne me suis jamais posé la question. Et en me posant la question non, je n'ai pas envie d'être mère en fait. Pour moi, ce n'est pas une fin en soi. Je peux très bien être heureuse sans l'être et j'ai vraiment envie de vivre pour moi, pour mes besoins, dans une relation de couple la plus saine, bienveillante et équilibrée possible, et où il n'y a pas de place pour la parentalité.

Pour moi, la féminité ne rime pas forcément avec la maternité.


NON-DESIR D’ENFANT EN COUPLE

Diane n’est pas la seule à ne pas vouloir d’enfant. Son compagnon non plus ne veut pas d’enfant.

Mon compagnon a toujours eu ce non-désir d'enfant depuis tout petit, depuis toujours.

Donc, effectivement, j'ai fait ma démarche vraiment de mon côté. Ca n'a pas du tout été quelque chose d'imposé par mon compagnon. Pas du tout. Et ça a été un soulagement, finalement, d'arriver au même constat que nous ne désirions pas avoir des enfants chacun de notre côté, que ce soit ensemble ou séparément.

Et donc, du coup, ça a amené à il y a un an, je pense, il m'a fait la plus belle proposition qu'on peut faire, je crois à une femme enfin en tout cas pour moi. Il m'a dit :'Mais en fait, tu devrais peut être arrêter la contraception. Et puis c'est moi qui vais avoir une contraception, donc définitive pour les hommes. Donc il m'a dit voilà qu'est-ce que tu en penses si je faisais une vasectomie et j'ai fait : 'HAN, WOW !' Ah oui j'étais vraiment très émue. Enfin, rien que d'en parler ... j'ai eu les larmes aux yeux.


Non, ce n'était pas une demande en mariage (rires).

J'ai dit : 'Ecoute, si t'es sûr, carrément. Oui, je te je te soutiens dans cette démarche.' Et puis. Et puis, on a fait toutes les démarches ensemble. Il a contacté une clinique et il a commencé du coup son parcours.

Son opération s'est passée début décembre, donc 2020. Moi, à ce moment-là, justement, j'étais dans mon parcours de don. Et moi, j'ai fait du coup une pause parce que je ne voulais pas avoir un moyen de contraception après mon don. C'est pour ça que j'ai mis à peu près quatre mois à faire mon don, sachant que normalement, en un mois, je pense que ça peut être ... on peut faire les cinq rendez-vous et clôturer la démarche.


LES RAISONS DU DON D’OVOCYTES

Pendant que son compagnon décide de faire une vasectomie, Diane murit aussi son projet de don d’ovocytes. Elle revient sur les motivations et les débuts de sa démarche de don.


Donc, moi, ne voulant pas d'enfant, je me suis renseignée. Et puis, en écoutant un podcast qui s'appelait Bliss Stories, il y avait une maman qui avait trois enfants et qui faisait une démarche de don justement, je me suis dit : "Ah ca existe" puisque déjà je n'en avais jamais entendu parler et donc je me suis renseignée. Et puis, j'ai vu que les femmes noires attendaient beaucoup plus longtemps pour avoir un don que les femmes, les femmes blanches. Et j'ai trouvé ça injuste. En fait, j'ai trouvé ça. Je me suis dit c'est pas possible. On est toutes des femmes puis c'est tellement dur pour une femme de renoncer à la maternité ou en tout cas, que ça soit tout un parcours. Et c'est vrai que dans mon entourage, j'ai des amies atteintes d'endométriose ou qui ont des difficultés à avoir des enfants. Et moi, je suis hyper fertile, sans problème. Et là, je me suis dit mais oui, non, mais oui, j'ai envie de faire ça, j'ai envie d'aider, d'aider une femme inconnue, deux ou peut être 3 en fonction, en fonction du nombre d'ovocytes que je pouvais produire. Je me suis renseignée, je pouvais faire mon don, dans la même clinique que lui. Donc pendant que lui faisait sa vasectomie, ses démarches, moi je faisais mes démarches pour pouvoir faire mon don.(rires)

LE PARCOURS DE DON

Le don d’ovocytes est possible pour toute femme en bonne santé âgée de 18 à 37 ans, ayant eu ou non des enfants. Avant de pouvoir procéder au prélèvement des ovocytes, la plusieurs étapes sont à suivre afin de s’assurer que la donneuse est en bonne santé. Diane revient sur ces étapes et sur comment elle s’est sentie tout au long du processus.

Donc j'ai eu un premier rendez-vous qui, est en gros, le rendez-vous d'information et de consentement. Donc là, j'ai eu un médecin biologiste et un généticien au téléphone. Par Zoom. (rires)


Donc, qui ont abordé toutes les questions relatives à la procédure. Donc, j'ai vu avec eux la possibilité de garder ou non mon stérilet. Et l'idée aussi, c'était de faire un point sur, en gros, mon arbre généalogique sur deux générations. Pour voir si dans ma famille il y avait eu plus de garçons plus de filles pour vraiment faire un point génétique. Et aussi bien sur un point sur les maladies génétiques dans ma famille. .


Pour moi, ça devenait concret, en fait. Et puis en plus, c'était, j'allais au boulot en gros la journée parce que malgré le confinement, je continuais à travailler et le soir, j'avais ces rendez-vous qui me mettaient dans une autre réalité. Et je me disais : 'Ça y est, c'est parti. C'est le moment, ça prend forme. Enfin !' Donc, j'étais enthousiaste et j'avais vraiment hâte. Hâte, vraiment, de connaître la suite. Et puis, justement, au premier rendez vous on m'a parlé du consentement, donc. Eh ben là, il fallait que je signe un document, mais il fallait aussi avoir le consentement de mon compagnon, n'est ce pas ? Et là je me suis dit, "comment ca le consentement de mon compagnon, enfin, c'est mon corps, c'est mon corps, mon choix." Bien sûr, j'en ai parlé à mon compagnon, mais s'il n'avait pas été d'accord, je l'aurais fait quand même. Et donc quand on est en couple en fait, il faut que le compagnon soit d'accord aussi et signe ce formulaire, il donne son consentement.


Et après, donc, j'ai eu un deuxième rendez-vous qui était le bilan gynécologique. Donc là, l'idée, c'était de paraître, d'évoquer les antécédents familiaux. Mais vraiment, du point de vue gynéco, c'est à dire est ce qu'il y a eu un cancer du sein, cancer du col de l'utérus, problèmes de thyroïde. Et donc, il a fallu ensuite, en gros, faire une échographie pour évaluer la quantité et la qualité de ma réserve ovarienne. Donc, en gros, c'est le stock d'ovocytes présent dans mes ovaires, savoir s'ils étaient en forme puisqu'ils vérifient .. parce que si, par exemple, j'étais ... si j'étais en sous production, j'ai pas le bon terme. Du coup, on m'aurait dit voilà, votre réserve est vraiment très faible, donc on va plutôt faire à la limite une ponction pour vous parce que vous n'êtes pas en mesure de faire un don puisque vous n'en n'avez pas assez.


Et j'étais hyper, hyper stressée. Oui, j'étais hyper fertile, mais bon, je savais pas si, si mes ovocytes étaient en forme, etc. Donc j'aurais pu être hyper fertile, mais ne pas arriver à terme, au bout. Je n'arrêtais pas de dire c'est bon, tout va bien, ça va ?


Parce que du coup il aurait fallu que j'arrête tout à ce moment-là. Donc quand elle m'a dit : 'Non, tout va bien.' Elle m'a fait ... je me souviens, une palpation mammaire et tout allait bien.


Après ce deuxième rendez-vous, il y a vraiment les examens cliniques et biologiques pour vraiment détecter la présence d'éventuelles du virus. Donc là, c'était hépatite, IST, IVH, toxoplasmose, rubéole, etc. Et deux maladies génétiques. Et là, les deux maladies génétiques, je ne savais pas. Mes parents savent pas, donc. Et en gros, c'était la mucoviscidose et ce qu'on appelle le syndrome du X fragile, donc, c'est, c'est une maladie qui peut causer un retard mental chez l'enfant. Et donc là, j'étais en stress total. C'était ... j'étais là euh, ok, bon j'espère vraiment que ça va aller ... et tout s'est bien passé bien sûr, il n'y avait aucune de ces deux maladies là, mais c'était, je pense, c'était le moment le plus stressant de toute la démarche. C'était même pas. C'était même pas la ponction. C'était vraiment. Est ce qu'il y avait eu des maladies génétiques dans ma famille ?


Ensuite, j'ai eu donc l'entretien avec un psychologue. Oui parce que voilà, ce n'est pas une démarche facile. Donc, l'idée, c'était de savoir vraiment quelles étaient les raisons de mon choix. 'Fin de cette démarche et de ce que ça impliquait. pourquoi je faisais cette démarche-là ? Est-ce que ça me causait un problème de me dire que voilà, il y allait avoir quelque part un enfant qui allait avoir mon patrimoine génétique ? Est-ce que cela ... est-ce que mon conjoint était aussi en accord avec ça ? Mais j'estime que les parents d'un enfant sont les personnes qui l'élèvent. ça ne me causait vraiment aucun problème, je n'étais pas parent de cet enfant, je n'étais juste qu'un, qu'une personne qui avait aidé à la naissance de cet enfant. Donc je me détache de cette future belle personne. ça a duré 15 minutes, c'était très rapide et donc au bout des 15 minutes, elle m'a dit "oui, c'est bon psychologiquement, vous êtes en accord avec votre choix, donc c'est bon. C'est bon je valide je mets un tampon sur le papier."

Donc après ça, j'avais coché les quatre premières cases. Donc là, j'ai eu l'équipe médicale qui m'a appelé pour me dire on a la validation du psy. On peut y aller, c'est bon. Donc là, il était question donc de parler des fameuses injections n'est-ce pas ?


Et donc, j'ai eu deux heures de formation à l'auto injection parce que je ne voulais pas forcément faire venir ... je ne voulais pas faire venir une personne extérieure dans mon cocon en fait. C'était vraiment quelque ce que je voulais vivre avec mon compagnon et je n'avais pas envie qu'une personne étrangère qui vienne chez moi me faire des injections. donc il y a une infirmière qui est venue à la maison pour m'expliquer en gros tout le déroulé de la PMA. Elle m'a expliqué en gros les rôles des injections que j'allais me faire le matin et le soir pendant douze jours. Ça peut être moins, ça peut être dix jours en fonction, en fonction des femmes. Et comment allait se dérouler en gros la ponction ? J'ai eu un petit, un petit classeur avec des schémas. elle m'a montré les injections sur une petite balle en mousse. Et puis, à la fin, m'a dit ben : 'Allez-y, faut vous piquer. Et là, j'étais là genre. Oups !


Il faut savoir que c'est vraiment une toute petite aiguille, elle est microscopique. Elle est toute petite, on la sent quasiment pas. Mais ce qu'il y a autour de l'aiguille du coup, c'est quelque chose comme un gros stylo. Il faut appuyer dessus, comme un stylo, le stylo qui fait tac tac ...


Et donc elle me montre comment faire mes injections. Et à la fin, j'ai fait ma première injection avec de l'eau.

Quand elle m'a dit : 'Allez y !' J'ai fait non, mais je ferais le jour-J. Il n'y a pas de souci. Elle m'a dit non, non, non. Il faut vraiment me montrer que vous avez bien compris. Et c'est vrai que là,


J'ai pris une grande respiration. J'ai hésité. Et puis, en fait, j'ai quasiment rien senti.

C'est vraiment tout petit. C'est vraiment tout petit. Il y a que la piqûre de déclenchement qui est un peu plus grosse, je crois dans mes souvenirs, mais c'est vraiment tout petit.


Et donc après ça j'ai commencé les injections. Il fallait que je fasse un contrôle en gros de mes hormones, c'est à dire que je me rende à la clinique pour voir si le taux d'hormone était bon ou s'il fallait réajuster pour pas justement que je sois soit un peu fatiguée ou que ça perturbe en gros mon cycle.

Donc à ce rendez-vous en gros, on a réajusté la dose des injections que je ... Que je faisais tous les jours. Et on a fait une échographie pour voir un peu la production et la maturation des ovules avant la ponction.


Ça a duré douze jours.


Il faut savoir que j'allais au travail en même temps mais on peut prendre un congé maladie. Tous les rendez-vous qu'on peut avoir durant son temps de travail sont complètement décomptés de son temps de travail, en fait. Il suffit juste d'avoir un justificatif. Et je me souviens d'avoir dû aller voir mon chef avec mon ... Avec mon ordonnance. Lui dire : "voilà, j'ai des rendez-vous médicaux. Je pars plus tôt ou j'arrive un peu plus tard." Donc toute cette période, je travaillais ... Pendant mon cycle habituellement, je n'ai pas de grosse fatigue avant mes règles ou je n'ai pas de sautes d'humeur, donc ça n'a rien changé. Ça n'a rien changé à ma vie. Pas d'impact. Et ça, ça dépend vraiment des femmes je pense.


Donc du coup, 36 heures avant, avant la ponction. Donc c'est le déclenchement avec cette fameuse aiguille qui est un peu plus grosse que les autres. (rires).


Le jour du déclenchement, à 8h du matin, je suis allée faire une échographie, une prise de sang et un test PCR n'est c'est pas parce que nous étions et nous sommes toujours d'ailleurs en temps de Covid et tout allait bien. Donc, ils allaient pouvoir me faire la ponction deux jours après. Et ça tombe bien, un samedi, ça c'est quand même cool. Et donc, le soir à 22h30, il fallait que je me fasse la piqûre. La fameuse piqûre de déclenchement. Donc là, Monsieur, il m'a aidé à préparer le mélange pour l'aiguille. ll faut ... il y a une poudre qu'il faut mettre dans une aiguille un peu plus grosse, la mélanger avec un autre produit. Et là c'était la partie un peu, un peu plus difficile, mais franchement, l'infirmière elle m'avait très bien expliqué on peut le faire tout seul, ce n'est rien de compliqué, mais après, si on a un peu la phobie des aiguilles, je comprends. Je comprends qu'on ne veuille pas le faire toute seule. C'était vraiment notre petit moment à tous les deux, c'était oui ... C'était quand même assez intense. Donc la dernière piqûre, la piqure de déclenchement, c'est lui qui me l'a faite.

Et c'est vrai que cette piqûre, je me suis dit ... J'ai vraiment pensé à toutes ces femmes qui sont dans ce parcours vraiment long et difficile. Et je me suis dit : "J'espère que j'aurais plein, plein d'ovocytes et que je pourrais en donner plein plein." Enfin pleins, pleins on ne peut pas en donner une centaine hein, bien sûr, mais j'étais pleine d'espoir, vraiment très émue. Et donc 36 heures plus tard, le jour de la ponction. Donc j'étais ... J'étais à la clinique en ambulatoire, donc le matin.

30 minutes avant, j'ai eu des antidouleurs pour donc éviter d'avoir une grosse douleur après. C'est vraiment pour préparer le corps pour l' après. C' est pas vraiment pour ... Pour la procédure. il y a des personnes qui ont ... qui peuvent le faire sous anesthésie générale. Et je me souviens, quand j'avais discuté avec le gynéco, il m'avait dit ça peut être sous anesthésie locale, et ... Je voulais vraiment être consciente donc j'ai dit : "ben non ... OK pour l'anesthésie locale." Et ensuite, au moment de rentrer dans le bloc, on me dit : « Mais du coup, vous pouvez choisir la musique que vous voulez écouter pour vous détendre un petit peu. » Donc c'était l'automne, il pleuvait, il y avait du brouillard. Mon compagnon m'avait amené, m'avait déposé, était reparti. C'était quand même très froid comme ambiance.

J'ai fait : "Ah oui, merci !"


Et là, j'ai choisi Liane La Havas. Donc beaucoup de douceur. J'étais enveloppée par sa voix ... pour ma petite anesthésie locale, c'était parfait. Donc, j'ai eu une anesthésie locale au niveau du col de l'utérus, avec une très fine aiguille qui fait que j'ai quasiment rien senti. Et on m'a proposé de respirer un espèce de gaz un peu... Qui est censé te détendre, pour que tu sois dans un mood tout smooth. Et là je dis :"Non. Je ne veux pas, je veux voir. Je veux voir. Je veux sentir."


Il y avait vraiment l'écran de l'échographie, qui était juste, juste à côté de moi. Donc au moment de la ponction, j'ai ressenti une espèce de petite douleur, mais vraiment comme une crampe quand on a ses règles. C'est vraiment rien d'insurmontable et donc je regardais, je voyais l'aiguille traverser la ponction et j'avais ... je suis très douillette. Même la petite douleur de règles ... la petite crampe, c'est "aie". Mais nan j'étais hyper fière.


Et puis, à la fin, elle m'a dit : "c'est une très bonne ponction." Je me disais mais qu'est-ce que ça veut dire : "Une très bonne ponction".

J'ai fait : "Ah oui c'est cool." Peut-être qu'il y aura plus d'une femme qui vont pouvoir utiliser mes ovocytes, peut être deux, peut être trois. Donc j'étais très fière et donc là, ça se termine. Et là, je fonds en larmes. J'étais ..., j'ai tout relâché en fait, et je n'avais qu'une envie, c'était que mon compagnon soit là... Et j'avais froid.


Je pleurais, je pleurais et il y avait les 2 personnels médical, 2 personnes qui étaient là. qui me disaient : "Merci beaucoup. Vraiment, vous avez été hyper courageuse. On a fait une très bonne ponction. Bravo et merci." Et je pleurais, je pleurais ...


J'étais hyper émue. Je pensais beaucoup à ces femmes-là. J'étais contente que ça se soit bien passée jusqu'au bout, s'était des larmes de joie, de fierté, de me dire: "ça y est c'est fait, j'ai réussi."


Et donc, après ça, le médecin est venu dans ma chambre pour me voir si tout allait bien m'expliquer la suite. Donc me dire que j'allais avoir des petits, des petites crampes, des saignements, que je risquais de me sentir un petit peu ballonnée les deux prochains jours et qu'il fallait ...qu'il fallait surtout que je fasse pipi.


Très important.


Et voilà elle m'a remercié. Puis elle est partie.


Du coup, le lendemain, j'ai eu comme des douleurs de règles, vraiment une sensation de ballonnements, douleurs de règles. Ça a duré deux jours et lundi, je suis retournée travailler.


C'était fini. Voilà.


OPINION DE SA MÈRE

Le don d’ovocytes est un choix et un parcours personnel. Pendant que Diane revenait sur son parcours de don je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander comment a réagi la maman de Diane à l’annonce de sa volonté de faire un don alors qu’elle ne veut pas d’enfant ?


Par rapport à mon non-désir d'enfant, ma mère est dans le déni total (rires).


Elle espère toujours. Jusqu'il y a très peu de temps, je me souviens qu'on avait des repas où il y avait toujours une petite, remarque qui, au départ, me mettait mal à l'aise. Et puis, au fur et à mesure m'énerverait. Donc, j'ai eu une discussion aussi là dessus avec elle pour lui dire je sais que c'est difficile pour elle d'accepter ce choix, d'autant plus que je suis sa seule fille et sa petite fille. Donc, je pense qu' elle aurait aimé ... Mes frères sont tous parents, donc, mes parents, ils ont des petits enfants. Mais c'est vrai que ma mère elle espère toujours donc pour elle, je vais changer d'avis.


Et donc, quand je lui ai dit que j'allais faire un don, la première chose qu'elle m'a dit, c'est. Mais ça va, c'est pas dangereux pour toi. Ça ne va pas t'empêcher d'avoir des enfants. Et non, ça ne va pas m'empêcher d'avoir des enfants. J'ovule à chaque cycle, donc ça va, il n'y aura pas de problème. Et après ça, c'était ... elle était quand meme contente elle était fière. Elle a dit : 'Ah c'est bien ce que tu fais ma fille'.


Oui, mes amis, ma belle-famille, ma famille, ils étaient tous fiers de ma démarche. Vraiment, ils ont trouvé ça courageux. Et mes copines, je pense que ça, émis, ça a ouvert une petite ... une petite, ça a allumé une petite ampoule ... Des questionnements. Je ne fais pas du tout de campagne de : 'Allez-y les filles!' Non, pas du tout. Mais je pense que ouai, elles m'ont posé des questions donc voilà ...


COMMUNIQUER SUR LE DON D’OVOCYTES

Une fois le don effectué, tout comme pour Diane les proches sont fiers de vous. Maintenant, comment faire pour communiquer sur l’existence de ce don autour de soi ?


C'était important pour moi d'informer sur ma démarche. Donc, j'ai fait une story permanente sur mon compte Instagram. Parce que déjà, moi, quand j'ai cherché, il y avait pas beaucoup d'informations. J'ai vraiment du chercher. Déjà, le fait d'en entendre parler sur un podcast, je me suis dit "Mais comment ... je sais pas comment ... je ne sais pas comment le gynéco nous en parle pas comment, comment il n'y a pas de ... je ne sais pas d'affiches dans les cabinets médicaux, on parle du don d'ovocytes, même pas forcément le don d'ovocytes pour les femmes noires mais du don d'ovocytes tout simplement. Donc, la question de l'information, pour moi, était primordiale quoi il fallait que je partage ce que j'étais en train de faire. Que l'on prenne conscience qu'on pouvait le faire, comme pour le don de sang, il y a des campagnes pour le don du sang, il devrait y avoir des campagnes pour les dons d'ovocytes.


AVIS SUR LA PMA


J'ai trouvé ça super qu'elle soit ... que la PMA puisse être ouverte à toutes les femmes.J'étais émue. C'est vrai qu'il y a toutes ces femmes qui se battent pour quelque chose qui pour moi, me semble naturel.

Même si la question de la levée de l'anonymat, pour moi, c'était. C'était vraiment un point de désaccord, oui de désaccord. Encore une fois pour moi, parce que j'ai fait un don anonyme et je pense que le fait de lever l'anonymat risque de freiner ce don. Déjà qu'il y en a pas beaucoup. Si en plus, on enlève l'anonymat, je pense que ça risque de freiner pas mal de personnes.


Et c'est vrai que moi, je voulais en faire un deuxième. Mais du coup, s'il ne peut plus être anonyme. Je pense que je ne vais pas le faire, en fait, parce que justement, j'ai envie de me détacher de ce don je n'ai pas du tout envie d'avoir ce lien avec la personne qui sera née de mon don. Je suis consciente et je suis d'accord que c'est hyper important d'avoir connaissance de ces origines pour justement se construire tout au long de sa vie. Et je pense qu'on pourrait dire simplement tu es issue d'un don d'une femme qui venait de telle région du monde, qui faisait ça dans la vie, qui avait telle passion, qui avait des yeux en amande. Je ne sais pas. Un physique comme ça, mais c'est tout. En fait, je pense que ça suffit quand on sait d'où vient une partie de soi. On peut déjà se construire sans savoir la personne. En fait, c'est pas ça le plus important. Enfin, je pense pas.

SOLUTIONS

Le don d’ovocyte est un acte généreux et solidaire, régi par la loi de bioéthique. Il est volontaire, gratuit et anonyme. En effet, seul l’enfant né de ce don pourra, s’il en fait la demande à sa majorité, accéder à l'identité ou aux informations non identifiantes du donneur ou de la donneuse qui a permis sa conception, afin de connaître ses origines biologiques. Il n’y a aucune filiation légale qui peut être établie entre la personne issue d’un don de gamètes et le donneur.

L’enjeux actuel est d’avoir plus de profils issus des communautés afro descendantes.

Je ne pense pas du tout que ce soit une question de culture, de tradition. Comme j'ai pu le lire sur Internet. Non, je pense que c'est simplement une question d'information. Je pense que si on savait qu'une femme noire avait plus de difficulté à accéder à un don, je pense que beaucoup de femmes comme moi pourraient faire un don, désintéressé, voilà, je pense que c'est vraiment une question d'information et je pense que c'est important d'avoir aussi des campagnes d'information ciblées, que ça soit pour le don d'ovocytes ou pour le don du sang. Parce que, comme pour la drépanocytose, c'est une maladie qui touche des populations issues de certaines zones géographiques, que ce soit d'Afrique ou d'Asie. Et ces personnes-là, on ne peut les guérir qu'avec le sang des personnes issues de ces mêmes zones géographiques. Sauf que quand tu vas faire un don de sang, on te demande pas d'où tu viens. Il y a une pénurie et du coup de sang pour les personnes atteintes de la drépanocytose. Pour moi, le don d'ovocytes, c'est pareil. Et ... Il peut y avoir une raison politique, économique. Des personnes pourraient dire elles n'ont pas envie de donner de leur corps gratuitement parce que du fait de leur histoire, ça peut s'entendre. Mais je pense que parfois, il faut juste pas aller autant dans l'analyse. Faut juste aller pratico pratique. Parce que la solidarité, l'humanité, elle est internationale en fait donc je ne vois pas pourquoi les personnes afro descendantes feraient moins de dons que des personnes blanches.


CONSEILS

Diane nous a parlé de son cheminement et de son parcours de don. Si vous hésitez encore voici quelques conseils …


Le conseil que j'aurais à donner c'est vraiment d'être en accord avec sa démarche. parce qu'il y a des mères qui font des don d'ovocytes. Il y a des personnes qui ne désirent pas être mères, qui font des dons d'ovocytes. Mais il faut avoir réfléchi sur la question et une fois qu'on a les réponses et qu'on est en accord avec ça, toutes les peurs sont levées. En fait, il y a plus, il y a plus de freins. Donc, ça mérite réflexion et une fois que la réflexion est faite, voilà. Allez-y, allez-y et merci d'avance pour celles qui attendent.

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